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Les Archives d’Avignon sont installées dans l’ancien Mont-de-piété de la ville. Depuis 1610, cet établissement de prêt sur gage a connu une histoire atypique.

 

Découvrez le fonctionnement du Mont-de-piété au cours des siècles et sa vocation économique et sociale auprès des habitants !

Du Mont-de-Piété au Crédit municipal

Avignon 1610 - 2010

Transposition virtuelle de l'exposition

de 2010. 
Mise en ligne

en 2022.

Lutter contre l’usure, aider les pauvres, éviter la ruine des familles et inventer les formes nouvelles d’un crédit populaire et social furent les missions que se fixèrent en 1577 un groupe de personnes charitables en créant à Avignon, alors territoire pontifical, la Congrégation Notre-Dame de Lorette.

Le 6 mai 1610, Jeanne Caresme, épouse d’un fabricant d’épées venait déposer quelques bijoux au Mont-de-piété d’Avignon qui ouvrait ses portes pour la première fois. En échange des gages déposés, les officiers administrateurs du mont lui prêtèrent la somme nécessaire à rembourser les dettes de son époux emprisonné pour cause d’endettement. Ce premier « engagement » résume à lui seul la fonction essentielle remplie par cette institution d’inspiration italienne durant plus de quatre siècles.

chronologie

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Griffon de Pérouse

Le Mont-de-piété d’Avignon, dont les établissements précurseurs sont italiens (XVème siècle), est le plus ancien sur le territoire français actuel. Se développant et s’agrandissant au fil des siècles grâce à la générosité de nombreux donateurs et au soutien des autorités publiques, l’institution est demeurée rue Saluces jusqu’en 1985. Après le rattachement d’Avignon à la France, à l’aube du XIXème siècle, le Mont-de-piété s’est adjoint, de manière très originale, le fonctionnement d’une condition des soies. Cet établissement industriel avait la vocation de garantir le poids à sec de la soie dans le cadre des transactions.

Etablies depuis l’été 1986 dans les bâtiments de l’ancien Mont-de-piété, les Archives de la Ville d’Avignon, au-delà des fonds municipaux, conservent la mémoire de cette institution multiséculaire. Cette histoire singulière est mise en valeur de manière permanente au sein du Musée du Mont-de-piété et de la Condition des soies, musée de l’œuvre ouvert au public en 1987 dans l’ancienne chapelle Notre-Dame-de-Lorette. En 2010, le 400ème anniversaire de l’ouverture du Mont-de-piété d’Avignon a été l’occasion de proposer une synthèse de l’histoire atypique de cet établissement de prêt sur gage grâce à cette exposition et à une publication.

Le Mont-de-piété d’Avignon, dont la dénomination a changé en 1949, voit aujourd’hui encore, dans le fonctionnement de la Caisse de crédit municipal, la continuité de ses missions premières qui se sont élargies et adaptées au monde moderne.

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Griffon actualisé des caisses de crédit municipal
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 Sommaire 

2. L'expansion
des monts-de-piété - Flandre et royaume de France
3. La congrégation
de notre-dame de lorette
(1577-1604)
4. Naissance
du Mont-de-Piété
(1604-1608)
6. Fonctionnement
Confrères et officiers
10. Bienfaiteurs
et donateurs
11. La Révolution
et le Mont-de-Piété
(1792-1800)
12. La renaissance
Création de la Condition publique des soies  d'Avignon
15. Indépendance
de la Caisse d'épargne et derniers travaux (1850- Années 1920)
16. Fin
de la condition des soies
(1880-1931)
17. Du Mont-de-piété
au Crédit municipal
(1920-2010)
18. Réemploi du bâtiment
Installation des archives municipales d'avignon
7. Activité
clients et gages
13. Conditionner 
la soie
8. Les bâtiments
Acquisitions ( 1608-1762)
14. Développement 
Création de la Caisse d'épargne et nouveaux travaux 
19. Mémoire
de l'institution et des lieux
5. Naissance
du Mont-de-Piété
(1608-1612)
9. Les bâtiments
Constructions et travaux (1608-1782)
Sommaire
1
Les origines
La création du mont-de-piété

Aux origines des monts-de-piété : le fléau de l’usure

 

La création des monts-de-piété, qui apparaissent dans la seconde moitié du XVème siècle en Italie, s’inscrit dans le droit fil de la lutte opiniâtre conduite contre le fléau de l’usure pratiquée par les prêteurs sur gages et produisant des ravages depuis le Moyen Age dans tous les milieux.

L’usure est un « péché », l’usure est un « crime », elle est

« abominable » et promet à celui qui la pratique les pires tourments dans l’Au-delà, voilà comment l’Eglise, dès ses débuts, envisage toutes les pratiques de prêts à intérêt.

L’usure c’est « recevoir plus que l’on a donné » dit saint Ambroise. Et c’est dans la Bible que les hommes du Moyen Age trouvèrent les textes la condamnant très clairement. Cinq d’entre eux sont tirés de l’Ancien Testament, le sixième provenant de l’évangile selon saint Luc : « Prêtez sans rien espérer en retour et votre récompense sera grande ».

L’usure est un « péché », l’usure est un « crime », elle est

« abominable » et promet à celui qui la pratique les pires tourments dans l’Au-delà, voilà comment l’Eglise, dès ses débuts, envisage toutes les pratiques de prêts à intérêt.

Saint Thomas d’Aquin. S.d.
Saint Thomas d’Aquin. S.d.

Gravure. AMA 97Fi999

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Saint Thomas d’Aquin. S.d.
Saint Thomas d’Aquin. S.d.

Gravure. AMA 97Fi999

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 Saint Thomas d’Aquin a eut un rôle   considérable dans la réflexion menée par   l’Eglise sur la question de « l’argent » et   de son usage. 

Les Origines
L'expansion
des monts-de-piété - Flandre et royaume de France
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L'expansion flamande

Force est de constater que les Pays-Bas espagnols constituent très rapidement une terre d’élection et de développement pour la nouvelle institution.

Après Ypres qui en 1534 se dote d’un mont appelé bourse de prêt (leenburse), Bruges qui crée en 1572 un mont de charité (mons perfectae charitatis), c’est en 1610, à Lille, qu’un marchand, Bartholomé Masurel, ayant réussi dans les affaires à Anvers est à l’origine de la mise en place d’un mont-de-piété sur le modèle italien.

Portrait de Wenceslas Coebergher, Architecte des Archiducs. S.d.
Portrait de Wenceslas Coebergher, Architecte des Archiducs. S.d.

Dessin de Chevignard d'après une gravure de Van-Dyck – « Le magasin pittoresque ». AMA 15Fi324

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Portrait de Wenceslas Coebergher, Architecte des Archiducs. S.d.
Portrait de Wenceslas Coebergher, Architecte des Archiducs. S.d.

Dessin de Chevignard d'après une gravure de Van-Dyck – « Le magasin pittoresque ». AMA 15Fi324

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Sur les conseils d’un père jésuite, Jean Lessius, recommandant dans ses écrits la création de monts aux Pays-Bas, l’architecte conseiller des Archiducs Albert et Isabelle, gouverneurs des Pays-Bas espagnols, Wenceslas Coebergher se lança dans l’entreprise et réussit à les convaincre d’autoriser le fonctionnement des monts sur la base d’un taux d’intérêt pour les prêts fixé à 15%, taux relativement élevé certes mais destiné, d’une part à trouver les premiers fonds à rémunérer et d’autre part à connaître une baisse progressive dès que possible.

Le 28 septembre 1618 le Mont-de-piété de Bruxelles ouvrait officiellement peu après qu’une ordonnance des Archiducs ait supprimé les tables de prêt, érigé des monts dans toutes les villes et nommé Cobergher superintendant-général de la quinzaine d’établissements qu’il fera créer entre 1618 et 1633.

Wenceslas Coebergher se lança dans l’entreprise et réussit à les convaincre d’autoriser le fonctionnement des monts sur la base d’un taux d’intérêt pour les prêts fixé à 15%.

L'expansion
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La congrégation
de Notre-Dame de lorette (1577-1604)